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Qu’est-ce que la céramologie ? Découvrez la malle « Lab Archéomobile »

Ombelliscience vous présente en 4 minutes une vidéo de la malle pédagogique « Lab Archéomobile », conçue par l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP).

VOIR LA VIDÉO

Cette malle a pour objectif de faire découvrir aux élèves la céramologie et les méthodes utilisées par les archéologues pour étudier les objets en céramique.

Cette malle a pour objectif de faire découvrir aux élèves la céramologie et les méthodes utilisées par les archéologues pour étudier les objets en céramique.

Dans la première activité, les élèves sont invités à reconstituer une poterie fragmentée, puis à recoller les morceaux à l’aide de scotch technique. Une frise chronologique permet également de découvrir les différents aspects que peut prendre la céramique au fil du temps, c’est un marqueur historique.

La malle met également à disposition des livrets pour les enseignant·es ainsi que des supports pédagogiques pour les élèves.

Une fois la céramique reconstituée, les élèves peuvent la comparer à d’autres modèles de céramiques pour la dater. Ils réalisent également des dessins techniques grâce à un conformateur et utilisent des outils comme le pied à coulisse pour effectuer des mesures précises. Ces outils permettent d’adapter et ajuster les pièces de céramique afin qu’elles correspondent exactement au modèle ou à la forme souhaitée. Une tablette est aussi disponible pour proposer des contenus interactifs aux enfants.

Un second atelier permet de découvrir comment sont sculptées et décorées les poteries en reproduisant les différents motifs à l’aide d’outils spécifiques.

Vous êtes une bibliothèque, une collectivité, un musée ou un centre de sciences en Hauts-de-France et souhaitez emprunter cette malle ? C’est par ici : Malle céramologie | Ombelliscience.

Publié le 26 juin 2026

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Interview de l'enseignante-chercheuse Élodie Choque : Transformer les déchets de l’agroalimentaire en quelque chose d’exploitable et utile

Élodie Choque est maître de conférences au sein du département Génie Biologique de l’IUT d’Amiens - Université Picardie Jules Verne¹. Elle mène des recherches à l’UMRT BioEcoAgro dans l’équipe Solutions for Health. Elle travaille sur l’impact des innovations dans l’alimentation et la santé humaine. Interviewée par Ombelliscience le 16 juin 2026, elle explique son métier, ses sujets de recherche et son implication dans la Fête de la science.

Ambre Prevost, qui travaille pour la communication chez Ombelliscience : Qu'est-ce qui vous a donné envie de devenir scientifique ?

Elodie Choque : Tout a commencé au collège, lors de mes premiers cours sur la génétique et les molécules d’ADN, j’ai rapidement été fascinée par ces sujets. Au départ, je souhaitais m’orienter vers des études de médecine. Mon père étant militaire, il m’a donné l’idée de réaliser des études dans la médecine navale. Les choses ont finalement pris une autre tournure, mon projet a évolué et je me suis orientée vers une prépa « biologie, chimie, physique et sciences de la Terre » (BCPST), aujourd’hui appelée prépa Agro-Véto. Cette prépa m’a ensuite menée vers une école d’ingénieur et c’est ainsi que j’ai découvert la biologie végétale et la microbiologie. J’ai donc choisi de construire ma carrière dans ces disciplines.

AP : Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre métier ?

EC : J’apprécie l’équilibre qu’offre mon métier d’enseignante-chercheuse, avec 50% d’enseignement et 50% de recherche. Lorsque nous rencontrons des difficultés dans nos travaux de recherche, l’enseignement nous permet de prendre du recul et de résoudre des problèmes plus facilement.

Ce que j’aime dans l’enseignement, c’est partager mes connaissances aux nouvelles générations afin qu’elles puissent, à leur tour, continuer d’innover.

Dans le cadre de mes actions de médiation scientifique, j'ai conçu et réalisé un podcast en plusieurs chapitres sur les couleurs du vivant intitulé "les secrets colorés des champignons".

AP : Est-ce que l’enseignement vous apporte beaucoup dans vos recherches ?

EC : Oui. L’enseignement m’oblige à expliquer des notions complexes à un public qui n’a pas les mêmes connaissances que moi. Il faut vulgariser ses propos tout en étant précise. Cela m’est utile dans mes recherches afin d’éviter de simplifier une notion et d’être la plus compréhensible possible.

AP : Pouvez-vous me parler de vos sujets de recherche et m’expliquer en quoi ils sont importants à vos yeux ?

EC : Mes travaux de recherche reposent sur quatre mots-clés.

Tout d’abord, l’interdisciplinarité, elle se joue dans les sciences techniques, humaines et sociales. Pour développer des innovations, il est essentiel de prendre en compte les attentes des consommateurs et les besoins des industriels.

Le deuxième mot-clé est l’économie circulaire. La durabilité et la soutenabilité sont au cœur de nos travaux. Nous cherchons à produire des innovations qui prennent en compte l’impact environnemental, économique et sociétal.

Le troisième ce sont les biomatériaux, je souhaite développer des alternatives biosourcées à des matériaux qui sont actuellement pétrosourcés.

Enfin, le dernier c’est la valorisation des agro-ressources, je récupère des coproduits ou des déchets de l’agroalimentaire afin de leur donner une nouvelle valeur. Nous exploitons des matières premières qui ne sont pas exploitées afin d’obtenir un produit fini qui peut être ensuite utilisé par les industriels ou les consommateurs. L’objectif est de créer de nouvelles chaînes de valeurs tout en limitant le gaspillage.

Par exemple dans une culture d’endives, l’endive est exploitée, mais sa racine ne l’est pas, elle représente ainsi un déchet. Nous allons transformer ce déchet en quelque chose d’exploitable et d’utile. Ici, je vais utiliser la racine d’endive afin d’en faire des emballages biodégradables. L’objectif est d’utiliser l’ensemble de la production, d’éviter les déchets et de remplacer les emballages plastiques par des emballages biodégradables.

AP : Pouvez-vous me donner un exemple de sujet de recherche sur lequel vous avez travaillé ?

EC : L’un des projets portés par ma collègue Nathalie Julian et sur lequel je travaille également concerne la waide, également appelée « pastel des teinturiers ». Cette plante non alimentaire cultivée principalement au Moyen Âge pour produire un pigment bleu. Son utilisation a peu à peu disparu avec l’arrivée des colorants de synthèse.

Aujourd’hui, notre objectif est de réimplémenter la production de waide dans la région Hauts-de-France. Nous ne nous intéressons pas seulement au pigment, mais à l’ensemble de la plante. Nous cherchons à valoriser ses racines, ses graines, ses fleurs ou encore ses feuilles afin de limiter les déchets, c’est ce qu’on appelle de la « valorisation zéro déchets de la plante ». Cela permet aux agriculteurs et industriels d’exploiter toute leur récolte et d’en tirer les meilleurs bénéfices.

AP : Quels sont vos objectifs sur le long terme avec vos recherches ?

EC : Mon objectif est de déterminer si la valorisation zéro déchets de la plante est possible sur tous les aliments. Selon moi, ce ne sera pas le cas. La valorisation des biomasses existe déjà depuis de nombreuses années, ce n’est pas une invention. En revanche, ce qui m’intéresse, c’est de réduire au maximum son impact environnemental en diminuant la consommation d’eau, d’énergie et le nombre d’étapes avant la transformation. Je souhaite développer des produits finis le plus naturellement possible.

Il y a un autre point important à prendre en compte : le changement climatique. Dans nos travaux, nous devons être vigilant·es à ce que nos innovations durent dans le temps. La difficulté dans mes recherches est donc de comprendre comment traiter une biomasse malgré ces changements ?

Nous souhaitons développer une intelligence artificielle qui permettra justement de s’adapter à ces changements. L’idée serait que l’industriel renseigne la composition du produit et que le logiciel adapte la formulation s’il y a des changements qui apparaissent afin d’obtenir toujours le même produit final.

AP : Que représente pour vous la Fête de la Science ? Avez-vous des anecdotes à partager ?

EC : J’ai déjà participé à la Fête de la science et c’est un événement que j’apprécie beaucoup. Pour moi, la Fête de la Science permet de créer un échange entre les scientifiques et le public. Cet événement permet de répondre aux questions et de mieux expliquer certaines notions scientifiques.

C’est aussi une occasion de susciter des vocations chez les jeunes. Les activités proposées permettent aux enfants et aux adolescent·es de découvrir la science. J’y vois également un moyen d’encourager davantage de jeunes filles à s’orienter vers les carrières scientifiques en leur montrant que ces métiers leur sont pleinement accessibles.

Lors d’une précédente édition, j’ai animé des ateliers auprès d’élèves de troisième sur le thème des plastiques. L’objectif était de prendre conscience de la quantité de plastique utilisée quotidiennement et d’expliquer la différence entre un plastique biosourcé et biodégradable.

Dans un autre atelier, nous leur avons appris à fabriquer du bioplastique à partir du lait. Ils ont ainsi créé des briques de lego en bioplastique et ont pu repartir avec. Dans un second temps, les enfants ont utilisé d’autres bioplastiques en les mettant sous terre, dans des plants de tomates. Le but était de montrer aux enfants ce que veut dire le mot « biodégradable » et de voir sur plusieurs jours comment se dégrade le produit.

Élodie Choque va intervenir pour la Fête de la Science en 2026 à Beaucamps-le-Vieux.

¹  L'Université Picardie Jules Verne (UPJV) est membre du réseau Ombelliscience.

Publié le 25 juin 2026

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Sylvain Lecomte, un scientivore à la tête de la Présidence d’Ombelliscience

Les membres du conseil d’administration (CA) d’Ombelliscience du 11 juin dernier ont salué l’engagement solide et l’implication forte de Marc-André Fliniaux en tant que Président de l’association depuis 2017 pour développer la culture scientifique en Hauts-de-France. Élu à l’unanimité par les membres du CA, Sylvain Lecomte succède ainsi à Marc-André Fliniaux à la présidence d'Ombelliscience.

Ce changement de présidence est une nouvelle étape significative dans la vie de l’association. Mais que sait-on de ce nouveau Président ? Aurélie Fouré, chargée de communication du réseau Ombelliscience, a voulu en savoir plus et est allée à sa rencontre.


Aurélie Fouré : Peux-tu te présenter et expliquer ton parcours ?

Sylvain Lecomte : Je suis salarié d’une entreprise agricole en tant que chercheur en pathologie végétale et en amélioration du lin et je suis aussi vulgarisateur – scientivore, une petite entreprise que j’ai créée il y a 5 ans.

Après un bac S, j’ai commencé l’université en m’inscrivant à l’UFR de Pharmacie mais la biologie végétale me passionnait plus que la biologie humaine. J’ai donc continué en Licence de Biologie – Ecologie (Université Picardie Jules Verne-UPJV) puis en biotechnologies (UPJV & Université de Technologie de Compiègne-UTC). J’ai enfin réalisé une thèse de doctorat en CIFRE (Conventions industrielles de formation par la recherche) chez Linéa SEMENCES (mon employeur actuel) en physiologie cellulaire et moléculaire des plantes. À la suite de mon doctorat, j’ai été embauché en tant que responsable du laboratoire de pathologie, puis coordinateur de la recherche et maintenant directeur adjoint.

En parallèle de cela, à la sortie de la pandémie COVID, je me suis énormément questionné sur la culture générale scientifique et j’ai souhaité y prendre part : le projet Scientivores est né comme cela. L’objectif est de rendre accessible les sciences, de montrer que c’est une activité culturelle parmi d’autres pour toutes et tous et que les sciences sont amusantes ! C’est à la genèse de ce projet que j’ai rencontré Ombelliscience : j’y ai directement adhéré.

A.F. : La culture scientifique, c’est quoi pour toi ?

S.L. : C'est rendre la science vivante, accessible, désirable, amusante. Ce n'est pas vulgariser au sens de simplifier à l'extrême, c'est créer des ponts entre les chercheuses chercheurs, les savoirs et la société. C’est valoriser la recherche et la communiquer. La culture scientifique, c'est aussi apprendre à questionner et à critiquer : des compétences plus que jamais essentielles.

A.F. : Pourquoi as-tu souhaité rejoindre le réseau Ombelliscience ?

S.L. : Parce qu'on est plus forts ensemble et parce que l’on va plus loin. Ombelliscience fédère des acteurs et actrices aux multiples visages qui partagent la même conviction : la science appartient à tout le monde. Les nombreux événements d’échanges et de partages d’expériences nous permettent de nous connaître et de nous améliorer.

Rejoindre ce réseau, c'est une contribution à cette dynamique collective à l'échelle des Hauts-de-France.

A.F. : Comment vois-tu ton rôle de Président d’Ombelliscience ?

S.L. : Je vois mon rôle comme celui d'un facilitateur. Notre région regorge d'acteurs et actrices aux multiples visages : des universités, des passeurs et passeuses de sciences dans les bibliothèques, des animateurs et animatrices dans les associations, des musées de sciences et techniques... Mon but est de maintenir des ponts entre eux au travers du réseau.

C'est d'autant plus crucial aujourd'hui, face à la montée des fausses informations et d'une certaine défiance envers la science. La culture scientifique n'est pas qu'une accumulation de savoirs : c'est une méthode pour apprendre à douter, à vérifier les sources et à aiguiser son esprit critique. En unissant nos forces, nous pourrons mieux armer les citoyens et citoyennes, dès le plus jeune âge, pour décoder le monde avec discernement et recréer un lien de confiance solide avec la démarche scientifique.

A.F. : Quelles sont tes priorités pour l’association ?

S.L. : Renforcer les liens entre les membres du réseau, développer notre visibilité et notre impact auprès des publics exclus.

A.F. : Si tu pouvais passer une journée avec une personnalité célèbre du monde scientifique, qui choisirais-tu et qu’aimerais-tu lui demander ?

S.L. : Sans hésitation, Jean-Baptiste de Lamarck ! Non seulement ce grand naturaliste est picard (il est né dans la Somme), mais c'est aussi le père de la biologie. Il a été l'un des premiers à théoriser l'évolution du vivant et à participer à la fondation du Muséum national d'Histoire naturelle.

J’aimerais lui poser cette question : "Comment s'y prend-on pour faire accepter des idées nouvelles à une société qui n'est pas encore prête à les entendre ?"

A.F. : Quel message aurais-tu envie de passer aux jeunes ?

S.L. : Que la curiosité est la plus grande des forces. Posez des questions, aucune n’est bête ! Soyez passionné·es. Les plus grandes découvertes scientifiques ont commencé avec une question naïve.

Et surtout, ne laissez pas les sciences vous faire peur. La science n'est pas réservée aux blouses blanches : c'est une façon de voir le monde, de le questionner, de s'émerveiller. Un enfant qui observe une fourmi avec fascination fait déjà de la science sans le savoir.

Enfin, soyez patients avec vos doutes. C'est le point de départ de toute démarche scientifique. Dans un monde qui va vite et qui veut des certitudes immédiates, savoir dire "je ne sais pas (encore)" est une vraie force.

Publié le 22 juin 2026

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