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Explorer la nature, raconter le vivant : les premières restitutions des Parcours Super Espèces

Les Parcours Super Espèces 2025-2026 sensibilisent des jeunes de 6 à 14 ans aux enjeux territoriaux de la biodiversité sur 23 parcours des Hauts-de-France. Ils sont animés par le Graine Hauts-de-France dans un cadre scolaire et par Ombelliscience hors du cadre scolaire. En partenariat avec la DREAL HdF et financés par le préfet de la région Hauts-de-France.

Les 8 parcours Super Espèces, hors temps scolaires, se sont déroulés sur 8 territoires des 5 départements des Hauts de-France.

Les restitutions des Parcours ont débuté le 10 juin et devaient s’achevaient le 25 juin. Du fait des fortes chaleurs en cette fin juin 2026, 3 restitutions, des parcours de Sissonne, de Bresles et Nesle, n’ont pas pu se déroulées et sont reportées en juillet 2026 :

Au cours des restitutions, les 76 jeunes (33 garçons et 43 filles) et 10 adultes encadrés par les naturalistes et structures ou acteur·ices culturels présentent au public présent, les réalisations et mises en récit qui témoignent de leur analyse et observations des milieux naturels et de la faune et la flore qui la constitue (voir actu du 22 janvier 2026).

Dans certains cas (Calais Beaucamps-le-Vieux, Cambrai) les réalisations, ont une diffusion plus large et vont avoir une existence en dehors des médiathèques et centre sociaux, puisque d’autres publics peuvent s’en emparer et les utiliser dans le cadre par exemple d’une sortie naturaliste.

Cet article, sous la forme d’un pré-bilan vous présente les mises en récit de 5 parcours hors temps scolaires. Les 3 autres restitutions feront l’objet d’un autre article (volet 2).


AISNE

Accompagné par l’ONF du site Villers Cotterêts et Laurence Aellion plasticienne

Localisation des participants : En amont du Parcours Super Espèces, ce groupe constitué, de 8 jeunes (de 8 à 12 ans) et 7 adultes, par les équipes du Centre a pour vocation de travailler sur la notion de parentalité pour accompagner les parents dans leur rôle éducatif.

Site étudié : plusieurs sites de la forêt de Saint-Gobain qui ont permis d’observer notamment une mare en forêt (sur 4 mois). Lire l’article sur les mares en forêt de Retz (02)

Super espèces choisies ou observées : Jacynthe sauvages, Anémone des bois, Blechnum spicant, Renouée du Japon (plante invasive), grenouilles.

Mise en récit : compositions florales selon le principe Ikébana avec des matériaux recyclés (bouchons en plastiques) et du bois mort + herbier.

Temps de restitution : 10 juin à 15h, Lieu : Centre au Fil de l’eau, Fréquentation : 15 personnes (familles ayant participé au projet + familles fréquentant le Centre au Fil de l’Eau).

Pour en savoir plus : Echosciences Hauts-de-France- Communauté Parcours Super Espèces.

Post de Laurence Aellion – Plasticienne

Post de Raphael Allaguillaume -chargé de mission ONF

Post de Laurie Richard - cheffe de projet accueil du public - ONF– référente réseau animateur


NORD

Accompagné par la LPO Hauts-de-France et Hélène Cys de Buena Vista Vidéo Club

Localisation des jeunes : 8 jeunes (entre 7 et 10 ans) de l’accueil Loisirs du Centre R’Generation.

Site étudié : Jardin du Centre de la Ville de Cambrai (quartier Saint-Druon).

Super espèces choisies ou observées : le hérisson et le rougegorge familier.

Mise en récit : vidéo « l’appel au jardin » 8 jeunes du centre cherchent à faire revenir les oiseaux dans leur jardin. « Mais comment faire » s’inquiètent-ils ?

Vidéo « l’Appel du jardin » sur la chaîne You tube Ombelliscience – durée 4 mn

Temps de restitution : 17 juin 2026 de 14h30 à 17h avec des ateliers dont 1 animé par la LPO Haut-de-France et le visionnage de la vidéo, Lieu : Centre R’ Générations – Ville de Cambrai, Fréquentation : 75 personnes (en présence des jeunes, parents d’élèves, élus de la ville de Cambrai, jeunes de l’Epide de Cambai, intervenants…).

Pour en savoir plus :

Echosciences Hauts-de-France – communauté Super Espèces :

Post de Pauline de la LPO Hauts-de-France


PAS-DE-CALAIS

Accompagnée par le CPIE Flandres Maritime et Léna Kéohavong, illustratrice naturaliste.

Localisation des jeunes : les 13 jeunes participants (entre 6 et 10 ans) ont été accompagnés par le Centre social Espace Fort.

Site étudié : abords du Fort Nieulay à 2 pas de la future médiathèque du quartier du même nom.

Super espèces choisies : Lézard et fouine (immortalisée par un piège photo posée le 29/05/26) + plantes (l’orchis Bouc…).

Mise en récit : Le Guide du Fort Nieulay – A la découverte de la flore et de la faune du Fort Nieulay. Ce guide illustré par les jeunes (dessins, cyanotype) va être réédité et distribué dans les locaux de l’Office du Tourisme de Calaissis.

Temps de restitution : 10 juin, Lieu : Médiathèque Louis Aragon, Fréquentation : 15 personnes (jeunes ayant participé au dispositif, membre du réseau Ombelliscience…)

Autre temps de valorisation : Journées du Patrimoine à la médiathèque Fort Nieulay (septembre 26)

Pour en savoir plus :

Echosciences Hauts-de-France :

Post de Corinne Barbant – médiathèque du Calaisis – coordinatrice locale du projet

Post de Nicolas Duhamel chargé de projets animation et biodiversité – CPIE Flandre Maritime


SOMME

Accompagnée par Picardie Nature et Léna Keohavong (illustration, aquarelle).

Localisation des participants : tous les jeunes et participants des parcours sont volontaires, mais les médiathèques travaillent avec des centres sociaux ou accueils loisirs pour constituer leur groupe. Dans le cas présent, il s’agit d’un public (8 jeunes de 6 à 14 ans) et 3 adultes fréquentant la médiathèque qui se sont inscrits au dispositif pour suivre les séances le samedi matin.

Site étudié : Les mares du territoire notamment la mare remarquable de Digeon

Super espèces choisies : l’araignée pirate, la physe (petit escargot aquatique), le crapaud commun

Mise en récit : poster imprimé au format A0 représentant la mare de Digeon illustré par les participants

Pour en savoir plus

Post de Léna Kéhoavong – illustratrice naturaliste

Temps de restitution de 2 parcours celui de Beaucamps-le-Vieux Hors temps scolaire et celui d’Hornoy : 12 juin 2026 à 18h30 Lieu : médiathèque de Beaucamps-le-Vieux Fréquentation : 35 personnes (jeunes, parents d’élèves…)

Accompagné par Doc Nature et Léna Keohavong (illustration, aquarelle).

Localisation des accueils loisirs et jeunes : 10 jeunes (de 6 à 11 ans) des ALSH des communes de Fressenneville et Feuquières-en-Vimeu ont participé au dispositif.

Site étudié : mares (la mare de la place Holleville-Frères de la commune de Feuquières-en-Vimeu) et zones humides (rivière La Trie à Cahon)

Super espèces choisies : les super espèces de la mare : la demoiselle (Agrion mercure), le planorbe (gastéropode d’eau douce à sang rouge), la consoude…

Mise en récit : Dépliant 8 pages mare du Vimeu (4 volets). Format fini : 21x29,7. Ouvert : 59,4x42 cm. Les jeunes ont réalisé les dessins qui illustrent le document.

Temps de restitution : le 12 juin 2026 à 17h30, Lieu : centre socio culturel de Fresseneville, Fréquentation : 25 personnes (jeunes du Parcours, élus…)

Pour plus de détails sur le Parcours Super Espèces, rendez-vous sur la communauté Parcours Super Espèces sur Echosciences Hauts-de-France.

Publié le 29 juin 2026

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Qu’est-ce que la céramologie ? Découvrez la malle « Lab Archéomobile »

Ombelliscience vous présente en 4 minutes une vidéo de la malle pédagogique « Lab Archéomobile », conçue par l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP).

VOIR LA VIDÉO

Cette malle a pour objectif de faire découvrir aux élèves la céramologie et les méthodes utilisées par les archéologues pour étudier les objets en céramique.

Cette malle a pour objectif de faire découvrir aux élèves la céramologie et les méthodes utilisées par les archéologues pour étudier les objets en céramique.

Dans la première activité, les élèves sont invités à reconstituer une poterie fragmentée, puis à recoller les morceaux à l’aide de scotch technique. Une frise chronologique permet également de découvrir les différents aspects que peut prendre la céramique au fil du temps, c’est un marqueur historique.

La malle met également à disposition des livrets pour les enseignant·es ainsi que des supports pédagogiques pour les élèves.

Une fois la céramique reconstituée, les élèves peuvent la comparer à d’autres modèles de céramiques pour la dater. Ils réalisent également des dessins techniques grâce à un conformateur et utilisent des outils comme le pied à coulisse pour effectuer des mesures précises. Ces outils permettent d’adapter et ajuster les pièces de céramique afin qu’elles correspondent exactement au modèle ou à la forme souhaitée. Une tablette est aussi disponible pour proposer des contenus interactifs aux enfants.

Un second atelier permet de découvrir comment sont sculptées et décorées les poteries en reproduisant les différents motifs à l’aide d’outils spécifiques.

Vous êtes une bibliothèque, une collectivité, un musée ou un centre de sciences en Hauts-de-France et souhaitez emprunter cette malle ? C’est par ici : Malle céramologie | Ombelliscience.

Publié le 26 juin 2026

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Interview de l'enseignante-chercheuse Élodie Choque : Transformer les déchets pour leur donner de la valeur au travers d'innovations

Élodie Choque est maître de conférences au sein du département Génie Biologique de l’IUT d’Amiens - Université Picardie Jules Verne¹. Elle mène des recherches à l’UMRT BioEcoAgro dans l’équipe Solutions for Health (Sol4Health). Elle travaille sur l’impact des innovations dans l’alimentation et la santé humaine. Interviewée par Ombelliscience le 16 juin 2026, elle explique son métier, ses sujets de recherche et son implication dans la Fête de la science.

Ambre Prevost, qui travaille pour la communication chez Ombelliscience : Qu'est-ce qui vous a donné envie de devenir scientifique ?

Elodie Choque : Tout a commencé au collège, lors de mes premiers cours sur la génétique et les molécules d’ADN, j’ai rapidement été fascinée par ces sujets. Au départ, je souhaitais m’orienter vers des études de médecine. Mon père étant militaire, il m’a donné l’idée de réaliser des études dans la médecine navale. Les choses ont finalement pris une autre tournure, mon projet a évolué et je me suis orientée vers une prépa « biologie, chimie, physique et sciences de la Terre » (BCPST), aujourd’hui appelée prépa Agro-Véto. Cette prépa m’a ensuite menée vers une école d’ingénieur et c’est ainsi que j’ai découvert la biologie végétale et la microbiologie. J’ai donc choisi de construire ma carrière dans ces disciplines.

AP : Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre métier ?

EC : J’apprécie l’équilibre qu’offre mon métier d’enseignante-chercheuse, avec 50% d’enseignement et 50% de recherche. Lorsque nous rencontrons des difficultés dans nos travaux de recherche, l’enseignement nous permet de prendre du recul et de résoudre des problèmes plus facilement.

Ce que j’aime dans l’enseignement, c’est partager mes connaissances aux nouvelles générations afin qu’elles puissent, à leur tour, continuer d’innover.

Dans le cadre de mes actions de médiation scientifique, j'ai participé à un podcast de Pauline Leroux en plusieurs chapitres sur les couleurs du vivant intitulé "les secrets colorés des champignons". Cela m'a donné le goût de la médiation scientifique.

AP : Est-ce que l’enseignement vous apporte beaucoup dans vos recherches ?

EC : Oui. L’enseignement m’oblige à expliquer des notions complexes à un public qui n’a pas les mêmes connaissances que moi. Il faut vulgariser ses propos tout en étant précise. Cela m’est utile dans mes recherches afin d’éviter de simplifier une notion et d’être la plus compréhensible possible.

AP : Pouvez-vous me parler de vos sujets de recherche et m’expliquer en quoi ils sont importants à vos yeux ?

EC : Mes travaux de recherche reposent sur quatre mots-clés.

Tout d’abord, l’interdisciplinarité, elle se joue dans les sciences techniques, humaines et sociales. Pour développer des innovations, il est essentiel de prendre en compte les attentes des consommateurs et les besoins des industriels.

Le deuxième mot-clé est l’économie circulaire. La durabilité et la soutenabilité sont au cœur de nos travaux. Nous cherchons à produire des innovations qui prennent en compte l’impact environnemental, économique et sociétal.

Le troisième ce sont les biomatériaux, je souhaite développer des alternatives biosourcées à des matériaux qui sont actuellement pétrosourcés.

Enfin, le dernier c’est la valorisation des agro-ressources, je récupère des coproduits ou des déchets de l’agroalimentaire afin de leur donner une nouvelle valeur. Nous exploitons des matières premières qui ne sont pas ou peu exploitées afin d’obtenir un produit fini qui peut être ensuite utilisé par les industriels ou les consommateurs. L’objectif est de créer de nouvelles chaînes de valeurs tout en limitant le gaspillage.

Par exemple dans une culture d’endives, l’endive est exploitée, mais sa racine ne l’est pas, elle représente ainsi un déchet. Nous allons transformer ce déchet en quelque chose d’exploitable et d’utile. Ici, je vais utiliser la racine d’endive afin d’en faire des emballages biodégradables. L’objectif est d’utiliser l’ensemble de la production, d’éviter les déchets et de remplacer les emballages plastiques par un nouveau type d'emballage biodégradable, c'est là que réside l'innovation.

AP : Pouvez-vous me donner un exemple de sujet de recherche sur lequel vous avez travaillé ?

EC : L’un des projets portés par ma collègue Nathalie Jullian ainsi que Patrick Martin de l'Université d'Artois, et sur lequel je travaille également concerne la waide, également appelée « pastel des teinturiers ». Cette plante non alimentaire était cultivée principalement au Moyen Âge pour produire le pigment bleu indigo. Son utilisation a peu à peu disparu avec l’arrivée des colorants de synthèse.

Aujourd’hui, notre objectif est de réimplémenter la production de waide dans la région Hauts-de-France. Nous ne nous intéressons pas seulement au pigment, mais à l’ensemble de la plante. Nous cherchons à valoriser ses racines, ses graines, ses fleurs ou encore ses feuilles afin de limiter les déchets, c’est ce qu’on appelle de la « valorisation zéro déchet ». Cela permet aux agriculteurs et industriels d’exploiter toute leur récolte et d’en tirer les meilleurs bénéfices.

AP : Quels sont vos objectifs sur le long terme avec vos recherches ?

EC : Mon objectif est de déterminer si la valorisation zéro déchet est rentable pour tout type de déchet agro-alimentaire. Selon moi, ce ne sera pas le cas. La valorisation des biomasses existe déjà depuis de nombreuses années, ce n’est pas une invention. En revanche, ce qui m’intéresse, c’est de réduire au maximum son impact environnemental de sa valorisation en diminuant la consommation d’eau, d’énergie et le nombre d’étapes lors de la transformation. Je souhaite développer des produits finis le plus naturellement possible.

Il y a un autre point important à prendre en compte : le changement climatique. Dans nos travaux, nous devons être vigilant·es à ce que nos innovations durent dans le temps. La difficulté dans mes recherches est donc de comprendre comment traiter une biomasse malgré ces changements, c'est-à-dire de comprendre comment adapter l'innovation développé à une biomasse qui va changer de composition pour avoir un produit fini qui ait toujours les mêmes caractéristiques. Fondamentalement, cela consiste à comprendre le lien entre composition chimique d'un déchet, comme son taux de sucre ou de protéines, et les propriétés des produits finis développés comme par exemple leur imperméabilité ou leur transparence.

C'est pourquoi, nous souhaitons développer un outil d'intelligence artificielle qui permettra justement de s’adapter à ces changements avec nos collègues du Laboratoire MIS (Modélisation, Information & Systèmes). L’idée serait que l’industriel renseigne la composition du produit et que le logiciel adapte la formulation, c'est-à-dire les étapes de fabrication du produit. Ainsi, s’il y a des changements qui apparaissent, il sera possible d’obtenir toujours le même produit final.

AP : Que représente pour vous la Fête de la Science ? Avez-vous des anecdotes à partager ?

EC : J’ai déjà participé à la Fête de la science et c’est un événement que j’apprécie beaucoup. Pour moi, la Fête de la Science permet de créer un échange entre les scientifiques et le public. Cet événement permet de répondre aux questions et de mieux expliquer certaines notions scientifiques.

C’est aussi une occasion de susciter des vocations chez les jeunes. Les activités proposées permettent aux enfants et aux adolescent·es de découvrir la science. J’y vois également un moyen d’encourager davantage de jeunes filles à s’orienter vers les carrières scientifiques en leur montrant que ces métiers leur sont pleinement accessibles.

Lors d’une précédente édition, j’ai animé des ateliers auprès d’élèves de troisième sur le thème des plastiques. L’objectif était de prendre conscience de la quantité de plastique utilisée quotidiennement et d’expliquer la différence entre un plastique classique et un bioplastiqque.

Dans un autre atelier, nous leur avons appris à fabriquer du bioplastique à partir du lait. Ils ont ainsi créé des briques de lego en bioplastique et ont pu repartir avec. Dans un second temps, les enfants ont utilisé d’autres bioplastiques en les mettant sous terre, dans des plants de tomates. Le but était de montrer aux enfants ce que veut dire le mot « biodégradable » et de voir sur plusieurs jours comment se dégrade le produit, ce qu'ils ont pu suivre avec leur enseignante de biologie sur un peu plus de deux mois.

Élodie Choque va intervenir pour la Fête de la Science en 2026, à Beaucamps-le-Vieux ainsi qu'à la fac des Sciences.

¹  L'Université Picardie Jules Verne (UPJV) est membre du réseau Ombelliscience.

Publié le 26 juin 2026

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