Actualités

Tout Rencontres pro Doctorants Projets pour jeunes Fête de la science Études Formations Interventions extérieures Plaidoyer Outils mutualisés Vie de l'association Médias-Presse Expositions Autres

Témoignage de Claude Slowick : « L’inclusion c’est réaliser qu’on a des routines de fonctionnement »

Claude Slowick est président et animateur de l’association Les Jeudis de la culture d’Haplincourt » (62). En tant que participant à la formation-action "Sciences pour Toutes et Tous (SPTT) coordonnée par Ombelliscience, il a été interviewé le 22 janvier. Il raconte son cheminement pour être plus inclusif dans sa manière de travailler et de partager les sciences.

Marie Lemay pour Ombelliscience : Pouvez-vous présenter votre structure en quelques mots et expliquer en quoi elle a un lien avec la culture scientifique  ?

Claude Slowik : aujourd’hui je suis président-animateur de l’association Les Jeudis de la culture d’Haplincourt. Avant j’ai été enseignant de mathématiques et, en ce sens, j’ai déjà un passé dans la « science pour tous » car mon métier était de rendre les mathématiques accessibles à tous les élèves. Parallèlement j’ai participé à une commission de formation des maitres-nageur, dirigée par Raymond Catteau, pédagogue et théoricien français de l'activité physique, auquel j’ai consacré mon projet Fête de la science de 2023. Je m’étais donné l’objectif de rendre la mécanique des fluides compréhensible pour ces maitre-nageurs pour qu’ils puissent en faire un usage concret. J’ai donc fait un DEA de mécanique des fluides et des études en histoire des sciences. J’ai aussi étudié l’histoire de l’art. En fait, je n’ai jamais cessé d’aller à l’Université. J’ai envie d’apprendre. Je suis une éponge à connaissances !

L’association Les Jeudis de la culture d’Haplincourt a pour but d’apporter la culture dans les villages. On le fait en organisant des conférences sur divers sujets puis en proposant un repas partagé. Mon rôle c’est de trouver les conférenciers. Je pensais faire des conférences uniquement sur des sujets scientifiques mais je me suis rendu compte qu’il fallait ouvrir au-delà des sciences : la précédente conférence était par exemple sur les cathédrales. L’association est née d’une conjonction d’opportunités : j’ai rencontré le maire de la ville d’Haplincourt qui souhaitait développer des actions culturelles. Il m’a mis à disposition une salle et un vidéoprojecteur et j’ai fait une première conférence sur Marie Curie. Suite à cela, l’association a obtenu une subvention du département qui lui a permis de s’équiper en matériel informatique … Depuis notre création en 2018, on a fait 10 conférences par an.

ML : C’est quoi pour vous l’inclusion  en général ?

CS : l’inclusion c’est déjà ne pas exclure les gens. C’est aussi montrer qu’il y a un chemin possible vers la compréhension de la complexité. Globalement je ne suis pas d’accord avec ce que les gens appellent « la science ». Moi je mets un S à sciences. Je veux dire aux jeunes de 12 à 16 ans : si vous voulez faire des sciences, faites-le mais ça ne va pas être facile ! Ma fonction c’est de les préparer à ça. Les jeunes comme les adultes d’ailleurs, doivent comprendre que les sciences demandent de l’enthousiasme et de la persévérance. Et ce n’est pas grave de se tromper ou de ne pas tout comprendre ! L’histoire des sciences montre que les scientifiques eux-mêmes, à diverses époques, se sont aussi trompés et n’ont pas toujours tout compris. Globalement les sciences, la connaissance, n’avancent pas en ligne droite, pourquoi les élèves le feraient ?

L’inclusion c’est, in fine, être en empathie avec les gens qui ne comprennent pas. Accepter que le fait de ne pas comprendre ce n’est qu’une étape. Leur dire que ce n’est pas grave, qu’on va les accompagner dans la compréhension.

ML : Selon vous, les sciences sont-elles naturellement inclusives ? Pourquoi ?

CS : non pas du tout, elles sont naturellement exclusives. En 1620 Galilée disait a dit « les secrets de la nature sont écrits en langage mathématique ». On a besoin d’un langage spécifique en sciences. Comprendre c’est gravir des marches et la première peut être particulièrement difficile à atteindre. Mais s’il n’y a pas cette marche, ce n’est pas de la science. Par sa nature, la science est donc exclusive mais notre rôle c’est de faire quelque chose pour que vous montiez la marche. Après, cette première marche ça peut être l’émerveillement mais c’est toujours une étape vers autre chose. Moi, ce à quoi j’aspire, c’est que les gens fassent des sciences et qu’ils soient dans le respect du chercheur et des efforts qu’il fait. Je suis blessé par les gens qui dénigrent les chercheurs en disant « eux ils cherchent mais nous, on trouve ». C’est s’exclure du processus de recherche, parce que pour tous les individus : comprendre c’est le résultat provisoire d’un travail de recherche. On peut très bien commencer à s’intéresser à la science parce qu’un jour, en lisant une lettre, on est tombé amoureux de Marie et Pierre Curie.

ML : Au sein de votre structure, quel a été ou quel serait le 1er pas concret pour être dans une démarche plus inclusive ?

CS : Je pense que le projet de l’association est déjà « pour tous » puisque c’est d’apporter la culture aux habitants de la ruralité. Néanmoins j’ai fait des choses pour aller plus loin. Par exemple, j’ai pris la parole à l’arbre de Noël de la commune pour inviter les personnes présentes à découvrir l’exposition sur J. R. Oppenheimer que j’ai installée en extérieur, dans une rue du village. Ce jour-là, 8 personnes sont venues avec moi devant les panneaux d’exposition et on en a discuté. Là je vais essayer d’aller dans une école pour voir ce que je peux leur proposer.

SPTT m’a apporté une attention à ce qu’on renvoie aux gens et aux préjugés qu’on peut avoir sur eux. Parfois on est excluant affectivement parce qu’on en a marre, et on peut se dire « c’est de votre faute à vous si vous ne comprenez pas ». On estime qu’on en a assez fait … Donc le 1er pas c’est d’avoir conscience de ça. C’est aussi pour ça que c’est utile dans SPTT d’avoir rappelé les règles de respect de chacune et chacun à chaque début de réunions qu’on avait tous ensemble.

ML : Que vous a apporté l’accompagnement par Ombelliscience et le collectif de professionnel·les qui se forment à vos côtés dans le programme « Science pour toutes et tous  »  ?

CS : j’ai rencontré des gens et pris conscience que, dans nos pratiques, on s’appuie sur des évidences qui n’en sont pas ou qu’on a des routines de fonctionnement. Et le fait de voir qu’il y a des gens qui travaillent autrement que nous, par exemple qui intègrent un quizz pour animer une conférence, ça donne des idées. Ces autres manières de faire m’enrichissent car je suis seul dans l’association à me consacrer à la vulgarisation des sciences. Et puis, comme je suis sûr de moi, ça me fait aussi du bien d’être bousculé dans mes certitudes.

SPTT a eu aussi un effet sur ma manière d’amener un sujet scientifique : aujourd’hui je vais plutôt proposer une activité à faire ou des objets à découvrir. Par exemple, dans mon atelier Fête de la Science en 2025, j’ai animé une « conférence-atelier » sur le théorème de Pythagore. Dans cette conférence, j’ai proposé aux participants de dessiner des triangles. Certains ont un peu résisté au fait de faire eux-mêmes, s’attendant à ce que ce soit le conférencier qui fasse. Je vais faire ça de plus en plus et je pense que pour ma conférence sur l’électricité, je vais amener des moteurs à regarder et à démonter…

Parmi les formations proposées dans SPTT, j’ai particulièrement aimé l’intervention de Blandine Carles du Planning Familial de la Somme quand elle a présenté des manières d’animer un stand dans l’espace public. J’ai aimé qu’elle recommande d’oser faire des choses inhabituelles comme d’aller dans un supermarché faire de la médiation. Elle nous a invité à susciter l’étonnement des passants, à faire réagir les gens. Par exemple, animer un débat mouvant sur le nucléaire dans un supermarché me tenterait beaucoup mais ça demande un gros effort !

ML : Si c’était à refaire, que feriez-vous différemment…à votre niveau, au sein de votre structure, et au niveau de l’accompagnement proposé par Ombelliscience ?

CS : ce qui manque c’est de mettre un « S » à science et de travailler davantage les questions d’inclusion en lien avec le « T » de technique et le « I » de industrie, de l’acronyme « CSTI » (culture scientifique, technique et industrielle). Je trouve que ça n’a pas été abordé dans SPTT.

Photo © Clément Foucard/Ombelliscience

Publié le 22 juin 2026

Claude Slowick.jpg

Prenez goût aux sciences lors de la Fête de la science du 2 au 12 octobre 2026 !

La 35ème édition de la Fête de la science se déroulera du 2 au 12 octobre 2026 sur la thématique "Saveurs savantes", l’occasion de célébrer la cuisine, le goût et l'alimentation dans toutes leurs dimensions scientifiques.

Véritable invitation à transmettre le goût des sciences au plus grand nombre, ce thème est l’occasion de célébrer la gastronomie, la cuisine et l’alimentation dans toutes leurs dimensions scientifiques. Ces sujets portent des enjeux de santé publique et soulèvent des questions environnementales majeures.

L’édition 2026 de la Fête de la science prendra la forme d’un grand laboratoire culinaire invitant le public à découvrir les multiples facettes scientifiques de l’alimentation à travers une programmation d’événements interactifs et conviviaux.

Cette année, se sont près de 150 événements dans plus de 60 communes et 121 lieux différents qui sont proposés sur les 5 départements des Hauts-de-France.

Ils sont portés par près de 280 structures très diverses (universités, collèges, lycées, centres de culture scientifiques, bibliothèques, musées, grandes écoles, centres sociaux, organismes de recherche…), souvent en partenariat les unes avec les autres, pour transmettre le goût des sciences au plus grand nombre.

Du 2 au 12 octobre, en ville ou à la campagne, le grand public et les scolaires pourront participer à une multitude d’animations (visites, spectacles, ateliers, conférences, expositions, jeux…) et partir à la rencontre de scientifiques de la région, notamment dans les 11 villages des sciences répartis sur le territoire.

La coordination régionale de la Fête de la science en Hauts-de-France est confiée par l’Etat et la Région à l’association Ombelliscience.


Cette année, c’est un binôme chercheuse et chercheur qui représentera la Fête de la science en Hauts-de-France.

Anthony Treizebre est maître de conférences à l’Université de Lille et chercheur à l’Institut d’Électronique, de Microélectronique et de Nanotechnologie (IEMN). Ses travaux portent sur le développement d’« organes sur puce », des dispositifs capables de mimer des fonctions biologiques humaines en laboratoire. À l’interface entre microélectronique et biologie, ses recherches ouvrent des perspectives nouvelles pour une médecine personnalisée et prédictive, tout en contribuant à réduire le recours à l’expérimentation animale.

+ d’infos sur Anthony Treizebre

Professeure à l’Université de Lille et Directrice de l'Unité Mixte de Recherche transfrontalière INRAE (UMRt) BioEcoAgro, Rozenn Ravallec coordonne des programmes de recherche et partenariats industriels. Transformation durable de la biomasse régionale (chicorée, algues..), production et caractérisation de molécules à haute valeur ajoutée, ou impact des protéines et ingrédients digérés sur la santé (stress, hypertension, diabète), ses sujets de recherche sont variés et innovants.

+ d’infos sur Rozenn Ravallec


Une partie de la programmation est déjà visible sur fetedelascience.fr.

D’autres événements seront publiés dans les prochaines semaines.

D’ici là, voici un petit avant-goût :

La Tête dans l’assiette ! – Fête de la science en Pays de Condé

Les Electrons Libres proposent du 2 au 10 octobre 2026, un festival autour de la thématique "Saveurs Savantes". Pour l’occasion, un spectacle jeune public, ateliers scientifiques, goûters expérimentaux, jeux, ciné-débats ainsi que des conférences seront proposés par trois structures du territoire. Le programme se veut pluridisciplinaire, en explorant la physique-chimie, la biologie, les neurosciences et les sciences de l’environnement autour de l’alimentation et des saveurs.

Du 2 au 10 octobre à Condé-sur-l'Escaut, Vieux-Condé, Fresnes-sur-Escaut.

Pourquoi les insectes sont-ils indispensables à notre alimentation ?

Les Ateliers Pédagogiques de l’Oise organisent le samedi 10 octobre, un événement scientifique ouvert au grand public. Cet atelier propose une expérience immersive, interactive et interdisciplinaire autour du rôle des insectes dans l’alimentation, l’agriculture et l’industrie alimentaire. Les participant·es pourront rencontrer des scientifiques et des spécialistes, assister à une mini-conférence, observer les insectes, participer à des expériences et des animations en réalité virtuelle. Le 10 octobre, 14h-18h, rue Saint-Martin 60130 Ravenel

Une nuit pour goûter le monde

Une après-midi qui s'étire jusqu'à minuit pour aller à la rencontre du 1er Comité Citoyen de Roubaix pour l'alimentation : comment transformer notre territoire vers une meilleure santé commune en passant par l'alimentation ? Au programme : ateliers et projections de films sur les solidarités alimentaires de demain, sur le fonctionnement du système alimentaire, sur les actions concrètes de recherches à même de transformer le territoire. Venez prendre la parole dans l'agora pour raconter vos parcours et vos envies d'un système alimentaire pour demain.

Par l’association El Cagette À Roubaix Infos pratiques à venir


Photo © Clément Foucard/Ombelliscience

Publié le 22 juin 2026

FDS26_affiche_print_297x420_RVB.jpg

carte_FDS 2026.png

Omb_ClementFoucard.jpg

PUBLICS ABSENTS DES ACTIVITES DE CULTURE SCIENTIFIQUE : UNE BOITE A OUTILS POUR LES INCLURE – 2 NOUVEAUX CHAPITRES EN LIGNE !

Cette boîte à outils a été créée collectivement suite à la formation-action "Sciences Pour Toutes et Tous en Hauts-de-France" (SPTT) .

Vous y trouverez des méthodes, des ressources et des retours d'expérience pour des pratiques qui n'excluent personne en partage des sciences.

Les 4 premiers chapitres sont déjà accessibles sur Echosciences Hauts-de-France.

  • 1. Comprendre et se former
  • 2. Faire son autodiagnostic
  • 3. Mobiliser sa gouvernance et sensibiliser ses collègues
  • 4. Connaître et rencontrer les publics Les autres viendront plus tard.

Les autres viendront plus tard.


>> À QUI ÇA S'ADRESSE ?

...pour les personnes impliquées en culture scientifique...

Cette boîte s'adresse à toute personne qui a à cœur que les "sciences pour toutes et tous" ne soient pas qu'un slogan et à toute personne qui constate l'absence de certains groupes sociaux dans les lieux et activités de partage des sciences qu’elle mène.

...mais aussi pour les professionnel·les de la culture en général

De nombreux éléments peuvent aussi être utiles aux acteurs culturels en général, tous secteurs confondus.

Faut-il avoir déjà un certain niveau en "pratiques inclusives" pour l'utiliser ?

Non, l'intention est d'être accessible aux personnes curieuses qui découvrent le sujet comme à celles qui ont déjà des pratiques inclusives et veulent approfondir ou diversifier leurs méthodes. Néanmoins, pour les débutant·es, le chapitre « 1/ Comprendre et se former » est incontournable.

>> UNE BOITE À OUTILS, POUR QUOI FAIRE ?

Pour comprendre que l’inclusion ce n’est pas que l’accessibilité

Le mot "inclusion" est aujourd’hui très utilisé et perçu souvent comme un synonyme de l’accessibilité, focalisant l’attention sur la question du handicap. Dans la formation SPTT, nous avons vu que l’accessibilité n’est qu’un aspect de l’inclusion.

Être inclusif·ve c'est regarder en quoi nos musées, activités et lieux de culture scientifique sont excluants pour certaines personnes. Pour aller plus loin sur cette notion, consultez le chapitre "1/comprendre et se former"

Pour vous simplifier la tâche

On a essuyé les plâtres pour vous ! Pendant les 3 années de la formation SPTT, on s'est formé·es, on a testé, raté, recommencé, réussi, créé... Et, au final, on en a tiré des apprentissages sur ce qui fonctionne ou pas. C’est ce que vous livre cette boîte à outils

>> SOMMAIRE DE LA BOÎTE À OUTILS

  • Introduction
  • 1. Comprendre et se former
  • 2. Faire son autodiagnostic
  • 3. Mobiliser sa gouvernance et sensibiliser ses collègues
  • 4. Connaître et rencontrer les publics - qui sont-ils ?
  • 5. Recenser et mobiliser les partenaires
  • 6. Pratiquer l’inclusion concrètement
  • 7. Communiquer
  • 8. Évaluer
  • 9. Accompagner un collectif à l’inclusion

Publié le 22 juin 2026

xl_IMG_1801.jpeg

xl_SDS144550.jpg

xl_SDS145065.jpg