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Sylvain Lecomte, un scientivore à la tête de la Présidence d’Ombelliscience

Les membres du conseil d’administration (CA) d’Ombelliscience du 11 juin dernier ont salué l’engagement solide et l’implication forte de Marc-André Fliniaux en tant que Président de l’association depuis 2017 pour développer la culture scientifique en Hauts-de-France. Élu à l’unanimité par les membres du CA, Sylvain Lecomte succède ainsi à Marc-André Fliniaux à la présidence d'Ombelliscience.

Ce changement de présidence est une nouvelle étape significative dans la vie de l’association. Mais que sait-on de ce nouveau Président ? Aurélie Fouré, chargée de communication du réseau Ombelliscience, a voulu en savoir plus et est allée à sa rencontre.


Aurélie Fouré : Peux-tu te présenter et expliquer ton parcours ?

Sylvain Lecomte : Je suis salarié d’une entreprise agricole en tant que chercheur en pathologie végétale et en amélioration du lin et je suis aussi vulgarisateur – scientivore, une petite entreprise que j’ai créée il y a 5 ans.

Après un bac S, j’ai commencé l’université en m’inscrivant à l’UFR de Pharmacie mais la biologie végétale me passionnait plus que la biologie humaine. J’ai donc continué en Licence de Biologie – Ecologie (Université Picardie Jules Verne-UPJV) puis en biotechnologies (UPJV & Université de Technologie de Compiègne-UTC). J’ai enfin réalisé une thèse de doctorat en CIFRE (Conventions industrielles de formation par la recherche) chez Linéa SEMENCES (mon employeur actuel) en physiologie cellulaire et moléculaire des plantes. À la suite de mon doctorat, j’ai été embauché en tant que responsable du laboratoire de pathologie, puis coordinateur de la recherche et maintenant directeur adjoint.

En parallèle de cela, à la sortie de la pandémie COVID, je me suis énormément questionné sur la culture générale scientifique et j’ai souhaité y prendre part : le projet Scientivores est né comme cela. L’objectif est de rendre accessible les sciences, de montrer que c’est une activité culturelle parmi d’autres pour toutes et tous et que les sciences sont amusantes ! C’est à la genèse de ce projet que j’ai rencontré Ombelliscience : j’y ai directement adhéré.

A.F. : La culture scientifique, c’est quoi pour toi ?

S.L. : C'est rendre la science vivante, accessible, désirable, amusante. Ce n'est pas vulgariser au sens de simplifier à l'extrême, c'est créer des ponts entre les chercheuses chercheurs, les savoirs et la société. C’est valoriser la recherche et la communiquer. La culture scientifique, c'est aussi apprendre à questionner et à critiquer : des compétences plus que jamais essentielles.

A.F. : Pourquoi as-tu souhaité rejoindre le réseau Ombelliscience ?

S.L. : Parce qu'on est plus forts ensemble et parce que l’on va plus loin. Ombelliscience fédère des acteurs et actrices aux multiples visages qui partagent la même conviction : la science appartient à tout le monde. Les nombreux événements d’échanges et de partages d’expériences nous permettent de nous connaître et de nous améliorer.

Rejoindre ce réseau, c'est une contribution à cette dynamique collective à l'échelle des Hauts-de-France.

A.F. : Comment vois-tu ton rôle de Président d’Ombelliscience ?

S.L. : Je vois mon rôle comme celui d'un facilitateur. Notre région regorge d'acteurs et actrices aux multiples visages : des universités, des passeurs et passeuses de sciences dans les bibliothèques, des animateurs et animatrices dans les associations, des musées de sciences et techniques... Mon but est de maintenir des ponts entre eux au travers du réseau.

C'est d'autant plus crucial aujourd'hui, face à la montée des fausses informations et d'une certaine défiance envers la science. La culture scientifique n'est pas qu'une accumulation de savoirs : c'est une méthode pour apprendre à douter, à vérifier les sources et à aiguiser son esprit critique. En unissant nos forces, nous pourrons mieux armer les citoyens et citoyennes, dès le plus jeune âge, pour décoder le monde avec discernement et recréer un lien de confiance solide avec la démarche scientifique.

A.F. : Quelles sont tes priorités pour l’association ?

S.L. : Renforcer les liens entre les membres du réseau, développer notre visibilité et notre impact auprès des publics exclus.

A.F. : Si tu pouvais passer une journée avec une personnalité célèbre du monde scientifique, qui choisirais-tu et qu’aimerais-tu lui demander ?

S.L. : Sans hésitation, Jean-Baptiste de Lamarck ! Non seulement ce grand naturaliste est picard (il est né dans la Somme), mais c'est aussi le père de la biologie. Il a été l'un des premiers à théoriser l'évolution du vivant et à participer à la fondation du Muséum national d'Histoire naturelle.

J’aimerais lui poser cette question : "Comment s'y prend-on pour faire accepter des idées nouvelles à une société qui n'est pas encore prête à les entendre ?"

A.F. : Quel message aurais-tu envie de passer aux jeunes ?

S.L. : Que la curiosité est la plus grande des forces. Posez des questions, aucune n’est bête ! Soyez passionné·es. Les plus grandes découvertes scientifiques ont commencé avec une question naïve.

Et surtout, ne laissez pas les sciences vous faire peur. La science n'est pas réservée aux blouses blanches : c'est une façon de voir le monde, de le questionner, de s'émerveiller. Un enfant qui observe une fourmi avec fascination fait déjà de la science sans le savoir.

Enfin, soyez patients avec vos doutes. C'est le point de départ de toute démarche scientifique. Dans un monde qui va vite et qui veut des certitudes immédiates, savoir dire "je ne sais pas (encore)" est une vraie force.

Publié le 22 juin 2026

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