La 35ème édition de la Fête de la science se déroulera du 2 au 12 octobre 2026 sur la thématique "Saveurs savantes".
Cette année, c’est un duo de chercheur et chercheuse qui représentera la Fête de la science en Hauts-de-France.
Anthony Treizebre, maître de conférences à l’Université de Lille et chercheur à l’Institut d’Électronique, de Microélectronique et de Nanotechnologie (IEMN), portera les valeurs de la Fête de la science en Hauts-de-France aux côtés de Rozenn Ravallec, professeure à l’Université de Lille et Directrice de l'Unité Mixte de Recherche transfrontalière INRAE (UMRt) BioEcoAgro.
Depuis plus de quinze ans, Anthony Treizebre développe des approches expérimentales innovantes visant à reproduire certaines fonctions du vivant grâce à des dispositifs technologiques de pointe. Ses recherches portent principalement sur les « organes sur puce », des systèmes miniaturisés capables de mimer des fonctions biologiques humaines en laboratoire. À l’interface entre microélectronique, biologie et santé, ses travaux ouvrent de nouvelles perspectives pour une médecine plus personnalisée et prédictive, tout en contribuant à réduire le recours à l’expérimentation animale.
Anthony Treizebre est co-porteur du CPER TECSANTE (2021-2027), un programme structurant à l’échelle régionale dédié au développement d’innovations technologiques au service de la santé de précision. Il est également impliqué dans le programme national PEPR MED-OOC, consacré au développement des technologies d’organes et d’organoïdes sur puce.
Parallèlement à ses activités de recherche, il s’investit fortement dans la formation et la médiation scientifique. Convaincu que la science doit être accessible à toutes et tous, il intervient auprès de publics variés : élèves du primaire au lycée, enseignants, étudiants, grand public ou encore associations de patients. À travers conférences, ateliers participatifs et actions de vulgarisation, il contribue à rapprocher la recherche de la société et à faire découvrir les enjeux scientifiques et technologiques qui façonnent notre avenir.
Il co-dirige également le master international « Life Sciences and Technologies », une formation interdisciplinaire destinée à préparer les scientifiques de demain aux défis complexes de la santé et des biotechnologies.
Au-delà de la transmission des connaissances, Anthony Treizebre s’attache à partager une manière de penser fondée sur la curiosité, l’esprit critique, l’ouverture et le dialogue entre les disciplines. Pour lui, la science n’est pas seulement un ensemble de savoirs, mais un outil d’émancipation et de compréhension du monde, accessible à chacun·e, quels que soient son parcours ou son origine.
Ses travaux sur les organes sur puce et les systèmes biomimétiques peuvent sembler, à première vue, éloignés de l’univers culinaire. Pourtant, ils reposent sur une même ambition : comprendre comment les interactions physiques, chimiques et biologiques façonnent le vivant.
Ses recherches visent à reproduire en laboratoire certaines fonctions du corps humain afin de mieux comprendre les mécanismes biologiques et de développer de nouveaux outils pour la santé. Cette approche l’amène à étudier les transformations de la matière, les échanges moléculaires ou encore les interactions entre différents systèmes vivants. Des phénomènes que l’on retrouve également dans notre alimentation : la formation des textures, les réactions chimiques lors de la cuisson, les mécanismes à l’origine des arômes ou encore la perception des saveurs.
Pour lui, la thématique « Saveurs Savantes » constitue une formidable opportunité de montrer que la science ne se limite pas aux laboratoires. Elle est présente dans notre quotidien, jusque dans nos assiettes, et permet d’aborder des questions essentielles liées à la nutrition, à la santé, à l’environnement et à notre compréhension du vivant.
Dans le cadre de la Fête de la Science 2026, Anthony Treizebre proposera un atelier intitulé « Qui a mis de la physique dans ma soupe ? ». À travers des expériences simples et ludiques, il invitera le public à découvrir la science cachée derrière des gestes du quotidien. L’atelier explorera une question aussi surprenante que stimulante : et si la cuisine était en réalité l’un des plus extraordinaires laboratoires de physique du quotidien ? Un lieu où la matière se transforme sous nos yeux, où les liquides s’écoulent, où la chaleur modifie les propriétés des aliments et où les lois de la physique interviennent à chaque instant. Une manière originale de montrer que la science est partout, souvent invisible, mais toujours à l’œuvre.
Pour Anthony Treizebre « la médiation scientifique ne consiste pas simplement à transmettre des connaissances : *elle vise avant tout à créer du lien, à susciter le dialogue et à montrer que la science appartient à tout le monde*. Trop souvent encore, les sciences peuvent sembler intimidantes, voire inaccessibles. Beaucoup de jeunes pensent qu'elles ne sont pas faites pour eux, qu'il faut être un "génie", être né dans le bon environnement ou appartenir à un certain milieu social pour y trouver sa place. Pourtant, rien n'est plus faux.
Mon propre parcours en est la preuve : l'accès aux sciences ne dépend ni de son origine sociale, ni de son histoire familiale. Une vocation scientifique peut naître d'une rencontre, d'une expérience, d'une curiosité éveillée au bon moment. C'est précisément là que la médiation scientifique joue un rôle essentiel : elle ouvre des portes, déconstruit les préjugés et permet à chacun·e de se projeter dans des métiers ou des parcours qu'il n'aurait peut-être jamais imaginés.
La Fête de la science est un formidable terrain de jeu pour cette mission. Elle permet de rendre la recherche visible, accessible et concrète, de montrer que les scientifiques sont avant tout des femmes et des hommes passionné·es qui cherchent à comprendre le monde et à le faire progresser. Elle suscite des vocations, favorise les échanges et rapproche la science de la société.
Mais cet effort de partage ne doit pas se limiter à quelques jours dans l'année. La diffusion des savoirs, la vulgarisation scientifique et le dialogue avec les citoyens doivent être des engagements permanents. La science a besoin de la société, tout comme la société a besoin de la science.
Enfin, je suis convaincu que la science ne doit être réservée à aucun genre. Elle doit être accessible à tous, mais surtout à toutes. Les jeunes filles doivent pouvoir s'y projeter naturellement, sans barrières ni stéréotypes. La diversité des parcours, des regards et des expériences est une richesse indispensable pour faire avancer les connaissances. C'est ensemble que nous découvrons, innovons et construisons la science de demain. »
En savoir plus sur l’ambassadrice Rozenn Ravallec.
Photo © Anthony Treizebre
Publié le 15 juin 2026
